Vacances Martinique

Balade entre deux anses

Dimanche dernier il ne faisait pas beau... sans s'avouer vaincus, nous avons entrepris une courte randonnée sur la côte du sud. il nous fallait rejoindre deux anses - l'anse Caritan à l'anse Meunier - à pied et aussi un peu à la nage... Ce dimanche premier véritable dimanche des grandes vacances était l'occasion pour quantité de familles et d'amis martiniquais de se retrouver autour de grillades ou de crabes farcis sous les mancenilliers et autres arbres de bord de mer. Nous avons donc marché sur quelques airs de zouk et compa.

          


Cette côte est bordée de restes de coraux relativement polis par la mer,
La végétation est peu dense, et est composée notamment de gommiers rouges, arbre dont le tronc semble s'effeuiller de fines pellicules transparentes et effectivement rouges.

ça c'est fait...

Ca fait un petit moment que je veux décrire notre formidable épopée à Coeur Bouliki, aujourd'hui je m'y mets et je ne ferai pas dans la dentelle.
Car ce fût effroyable.
Ayant remarqué que Stéphanie avait de bonnes jambettes, je ne devais pas la sous-estimer, nous devions faire encore plus fort que la fontaine Didier. (Yannick lui je ne m'en faisais pas trop pour lui). Nous sommes donc partis pour la forêt de Rabuchon, aux alentours de Saint-Joseph. Après quelques émotions, données par un passage à gué, nous nous garons au milieu de gens affairés à la préparation du barbecue de midi. Peut-être que nous serons invités tiens ? ? Enfin... si on revient.

Nous partons et suivons la rivière Blanche jusqu'à un ouvrage de prise d'eau potable. On contourne celui-ci, dans un chemin étroit et gadouillou, traversons à nouveau un gué et commençons enfin le sentier.

          

Ici commence une longue ascension. Cela ne grimpe pas tant que ça, non, (la rando à Absalon fût plus raide) mais disons que nous n'en voyons pas la fin de cette montée !! Toujours plus haut, toujours plus loin... nos regards portant vers la moindre éclaircie au-dessus de nous. Le point de vue sur la baie de Fort-de-France est admirable selon le Routard. ouaih. bah nous on commence à s'impatienter, et on se demande bien depuis combien de temps le routard n'a pas visité la Martinique ! Parce que si on en juge la forêt luxuriante qui nous entoure, à moins d'être en hélico, la vue sur la mer semble très limitée.
Et ça monte, ça monte, ça monte. Yannick et Phanie devant, moi derrière. Ah non parfois Phanie derrière... hehe. Et ça monte, ça monte. "Mais on en finira jamais!!!"
"Abandonnez-moi! J'arrête."

  

Evidemment c'est toujours dans les moments les plus éprouvants qu'il vous arrive un drame encore plus éprouvant. CRAAAC...........nooooooooon mon pantalon fétiche spécial randonnée, spécial vacances, spécial baroudage qui en a tant vu, qui a tant souffert !!! celui qui a trié des milliers de lettres à la Poste du 11ème, celui qui a trempé dans la mer Adriatique, celui qui a perdu l'équilibre au Mont Saint-Michel, celui qui a sauté avec Iggy Pop!!! NONONONONOn. et on voit ma culotte maintenant. c'est malin. Mon coeur saigne mais je continue, je l'aurai ce sommet. oh oui je l'aurai.

Nous continuons notre périple.

Arrivés à un croisement, nous devinons alors avec horreur que nous avons atteint le sommet. Nous sommes arrivés sur le chemin de la Trace, après avoir grimpé 380m et n'avoir vu que des arbres, toujours et encore. Ce sommet est à 610m selon le guide, "ouaih. Bah c'est super, on rentre ? ?"

Un peu dépités puisque redescendants nous repartons sans pause.

   

Et Oh ! un couple de randonneurs. Première rencontre humaine du sentier. Même pas essoufflés eux...
Nous disons bonjour et filons.

Et là, miracle ! la ligne de crête ! ! ! et la vue sur la baie de Fort-de-France, et de l'air, des oiseaux, de l'herbe bonne à se rouler dedans ! Une pente à dévaler même ! On se croirait dans les Alpes !

 
 

Après un court passage à travers la forêt, vu qu'il s'agissait d'une descente, il me semble, oui, que ce passage était court. En même temps je me souviens très bien de mes jambes qui flageolent, de Phanie qui court devant tellement ses quelques ébrouements dans la mer des Caraïbes l'ont rajeunie... et Yannick qui clôt la marche prenant les photos essentielles à tout bon reportage de randonneur.

Et nous voilà parmi les vaches (ohhhhhhhh!!!),

    

qui nous mènent bientôt sur la route. zzzzouvvvtttt un scooter avec deux jeunes aux cheveux (tressés) dans le vent. (A ne pas confondre avec Dennis Hopper dans Easy Rider donc.) Et pour changer : ils n'ont pas de casques roulent à fond en zigzagant et en plus sur un engin rafistolé. Une image qui ne colle pas trop avec le décor précédent. Mais après tout c'est ça aussi la Martinique, un cadre enchanteur et hop un embouteillage, un VHU, ou encore une grande surface. Suis-je un peu vache ? ... réaliste c'est tout ce n'est qu'une île après tout, une petite île où on rencontre tout le monde et tout ce qui se rapporte à la vie de tout le monde.

Notre petite rando (oui elle n'était pas si dure finalement) se termine à la case départ. Un des invités de nos voisins qui font un barbecue vient saluer Yannick. Il doit penser qu'on sera de la partie... (oui mais préfèrerait-il les hommes ?) Pas le temps de savoir car une seule idée en tête se casser d'ici, se poser, se baigner, ronflouiller sur une plage. On repasse le gué, évitons des petits "anglais" (ou peut-être pas) qui préfèrent se baigner là et nous jeter des pierres plutôt que d'aller griller sur une plage et être la cible de pierres. Voilà, plus qu'à cocher "le circuit de Rabuchon" sur notre petit guide de "balade et randonnées en Martinique" et de boire un petit cocktail à cette journée !

Au coeur des ténèbres

samedi dernier, j'ai voulu emmener les touristes à la Fontaine Didier. Balade jamais faite avec Nico. Il avait plu dans la matinée (détail pas si important mais quand même quand on marche dans la bouillasse... il l'est un peu) un type m'avait dit qu'il fallait 20min-30min... facile! il était 16h00 on se lance. Petite descente glissante, dans les herbes folles... j'entends encore Phanie dire "et... il y a des bêtes tu crois ? ?" Puis remontée dans les cailloux glissants, traversée d'un pont boueux nouvellement baptisé "Koh lanta" puis une nouvelle montée... glissante, caillouteuse, amusante à souhait. On arrive à un tunnel. Apparemment une centaine de mettre à faire dans le noir, dans un couloir bas de plafond, au bout duquel on voit une minuscule lumière. Les deux filles disent évidemment "non c'est impossible", et le garçon consent (assez facilement) et puis on trouve un passage sur le côté, chouette! c'est le chemin !........................................................et là commence un périple... glissant, caillouteux, enherbé. Là, Phanie dit maintenant - encore un peu moins rassurée "C'est sûr il y a des BETES" ou encore "mais qu'est-ce que je fiche ici!!!" ou encore "ahhhhhhhhh!"

A un moment, alors que je fais l'éclaireuse, et que ça devient un peu stressant - surtout en fin d'après-midi- je décide de rejoindre mes compagnons qui m'avaient lachée depuis quelques minutes... évidemment je glisse, je me retiens, je casse un arbre - oui un arbre - et je me raccroche à je ne sais plus quelle liane folle. Ce qui m'évite de me précipiter la tête dans le vide. Oups. "là je crois qu'il faut vraiment rentrer". Phanie et Yannick, un peu plus bas, ont pendant ce temps-là entendu un vacarme du diable, mes cris, mes wah, la forêt qui s'écroule. et me croient morte ou alors assez mal en point. Je réapparais, on décide de filer. (si je puis dire parce que la descente, glissante et pentue est deux fois plus lente que la montée).

et puis on arrive à l'entrée du fameux tunnel, et là. MINCE ALORS. Trois hommes et des enfants de 2 à 8 ans tout sourire. qui ressortent justement de ce fameux tunnel et qui nous disent tranquillement que la cascade est à 15 min de l'autre côté de CE fameux tunnel.

Bon. bah s'ils l'ont fait pourquoi pas nous ? ?.............. ça ne plaît pas forcément à Phanie, voire pas du tout du tout du tout. elle s'accroche à moi, tandis que Yannick passe devant et éclaire avec le flash de son appareil photo le passage. Lentement mais à peu près sûrement on y arrive à cette fameuse rivière puis à cette fameuse cascade.

Après 1h30 finalement bien chargée en émotions, on rentre tout heureux d'avoir survécu. Je regrette simplement de ne pas avoir croisé de matoutou...

Le Canal des Esclaves

appelé aussi le Canal de Beauregard

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La Trace des Jésuites

Partis pour gravir la Montagne Pelée, le temps nous a déviés de notre trajectoire. Nous nous sommes ainsi reportés sur la Trace des Jésuites. pas vraiment le même genre de promenade. Car La Pelée est comme son nom l'indique pelée, sans forêt quoi. Alors quand il pleut c'est moyen. La Trace des Jésuites est une voie qui chemine à travers la forêt tropicale - humide - de Martinique. Elle aurait été tracée par les Jésuites puis les nègres-marrons, les esclaves en fuite. Elle est très... verte ! En fait ce massif de la Martinique est une véritable éponge et absorbe des litres d'eau du ciel. Les nuages s'agglutinent en effet ici et se lachent. Du coup c'est la pagaille monstre ! entre lianes, mousse, arbres géants, plantes épiphytes... Il y a aussi quelques touches colorées : là une fleur de balisier, ailleurs un begonia sauvage en fleurs...

Quand il pleut on est à peu près protégés par le feuillage des arbres... mais dans ce cas il faut quand même mieux avoir de bonnes chaussures qui ne craignent pas la boue.
Encore une balade de 3 heures... encore un petit moment de souffrance pour moi. Tout avait pourtant bien commencé... on descendait le coeur ouvert à l'inconnu. On avait envie de dire bonjour à n'importe qui. Et on l'a fait vu qu'on a croisé d'autres randonneurs (d'ailleurs c'est quand même drôle cette manie de dire bonjour à n'importe qui sur les chemins de randonnées, comme si ça créait des liens de partager le même loisir au même moment... ou la même souffrance ?). Nous descendions, ils montaient. Nous glissions et nous nous rattrapions. Ils levaient haut les jambes et s'agrippaient les uns aux autres.
Nico tentait des petites accélérations et des petits sauts de l'ange. Moi je pestais mais je regardais autour de moi, des fois que la matoutou se serait montrée...
Et puis nous sommes arrivés à une rivière.
Nico est allé explorer le coin, à la recherche d'un petit paradis pour se poser et grignoter. Moi j'ai entrepris de traverser. Et oui le chemin se poursuivait sur l'autre rive. J'ai évidemment perdu l'équilibre en jetant mes chaussures au loin, et plof. Pas si grave, j'ai essoré ce que je pouvais et on s'est installés, on a grignoté... on a batifolé avec les poissons, pris des photos... et puis il a bien fallu repartir. Et là Nico, qui devait bosser à la maison, m'annonce qu'il faut rebrousser chemin. "ah bah oui retraverser la rivière quoi ? "
J'ai été un peu plus habile cette seconde fois.
Nous sommes repartis guillerets... enfin au bout d'un moment il n'y avait plus que Nico qui l'était. Car non seulement la montée était monstrueuse. "Mais je ne me souvenais pas d'être passée par-là?" mais en plus mon pantalon mouillé me collait aux jambes, mes genoux ne me servaient à rien. Combien de fois ai-je dis "BORDEL" ou "j'en ai marre" ? je l'ignore. Nico m'a bien conseillé d'enlever mon pantalon... "et puis quoi encore ? "
Ce fût dur, éreintant. Une vraie épreuve de force. Il paraît que les pitons du Carbet c'est 6 fois pire ! arghhhhhhhh. Mais bon tout ça participe à mon entraînement, et puis à y repenser, c'était peut-être presque trop facile...

à l'assaut du Crève-Coeur!

Nous sommes allés faire une petite rando au Piton Crève-Coeur, un ancien volcan de basalte et d'andésite qui domine le Sud. Le Routard annonçait une heure trente de marche aller-retour. Pas insurmontable hein ? On voulait y aller tout doux ce jour-là, histoire d'avoir le temps de profiter de la baignade... alors on s'est lancé, un petit chemin forestier après les ruines d'une usine sucrière. Quelques pas dans des herbes rases et sèches nous ont rappelé nos forêts de climat tempéré, et puis ô! des cactus, et puis ô des... monstroplantes! bon on était bien en Martinique.
ici des agaves

après 200m de dénivelés (ça je ne le savais pas) : Nico jouant aux éclaireurs... "est-ce que ça mérite le nom de rando?" Petit rire nerveux de miss Caro, à la traîne, derrière. C'est une promenade facile quand même, c'est juste que ça dépend du coéquipier et de son rythme.

Arrivés la haut, le point de vue est saisissant, toute la presqu'île sud se dessine : du Marin à Sainte-Anne jusqu'au Vauclin et sa ferme d'éoliennes ! (enfin il faut le savoir que ce sont des éoliennes). Sur cette photo on aperçoit l'étang des Salines, juste devant l'Anse des Salines qui est à l'arrière plan. Top!

en redescendant on croise des anolis, nos amis peu farouches qui sautillent et voltigent de branches en troncs de poiriers, mahoganys, gommiers, pin-caraïbe...

et enfin repos : baignade à Sainte-Anne.