Ca fait un petit moment que je veux décrire notre formidable épopée à Coeur Bouliki, aujourd'hui je m'y mets et je ne ferai pas dans la dentelle.
Car ce fût effroyable.
Ayant remarqué que Stéphanie avait de bonnes jambettes, je ne devais pas la sous-estimer, nous devions faire encore plus fort que la fontaine Didier. (Yannick lui je ne m'en faisais pas trop pour lui). Nous sommes donc partis pour la forêt de Rabuchon, aux alentours de Saint-Joseph. Après quelques émotions, données par un passage à gué, nous nous garons au milieu de gens affairés à la préparation du barbecue de midi. Peut-être que nous serons invités tiens ? ? Enfin... si on revient.
Nous partons et suivons la rivière Blanche jusqu'à un ouvrage de prise d'eau potable. On contourne celui-ci, dans un chemin étroit et gadouillou, traversons à nouveau un gué et commençons enfin le sentier.

Ici commence une longue ascension. Cela ne grimpe pas tant que ça, non, (la rando à Absalon fût plus raide) mais disons que nous n'en voyons pas la fin de cette montée !! Toujours plus haut, toujours plus loin... nos regards portant vers la moindre éclaircie au-dessus de nous. Le point de vue sur la baie de Fort-de-France est admirable selon le Routard. ouaih. bah nous on commence à s'impatienter, et on se demande bien depuis combien de temps le routard n'a pas visité la Martinique ! Parce que si on en juge la forêt luxuriante qui nous entoure, à moins d'être en hélico, la vue sur la mer semble très limitée.
Et ça monte, ça monte, ça monte. Yannick et Phanie devant, moi derrière.
Ah non parfois Phanie derrière... hehe. Et ça monte, ça monte. "Mais on en finira jamais!!!"
"Abandonnez-moi! J'arrête."

Evidemment c'est toujours dans les moments les plus éprouvants qu'il vous arrive un drame encore plus éprouvant.
CRAAAC...........nooooooooon mon pantalon fétiche spécial randonnée, spécial vacances, spécial baroudage qui en a tant vu, qui a tant souffert !!! celui qui a trié des milliers de lettres à la Poste du 11ème, celui qui a trempé dans la mer Adriatique, celui qui a perdu l'équilibre au Mont Saint-Michel, celui qui a sauté avec Iggy Pop!!! NONONONONOn. et on voit ma culotte maintenant. c'est malin. Mon coeur saigne mais je continue, je l'aurai ce sommet. oh oui je l'aurai.
Nous continuons notre périple.
Arrivés à un croisement, nous devinons alors avec horreur que nous avons atteint le sommet. Nous sommes arrivés sur le chemin de la Trace, après avoir grimpé 380m et n'avoir vu que des arbres, toujours et encore. Ce sommet est à 610m selon le guide, "ouaih. Bah c'est super, on rentre ? ?"
Un peu dépités puisque redescendants nous repartons sans pause.

Et Oh ! un couple de randonneurs. Première rencontre humaine du sentier. Même pas essoufflés eux...
Nous disons bonjour et filons.
Et là, miracle ! la ligne de crête ! ! ! et la vue sur la baie de Fort-de-France, et de l'air, des oiseaux, de l'herbe bonne à se rouler dedans ! Une pente à dévaler même ! On se croirait dans les Alpes !


Après un court passage à travers la forêt, vu qu'il s'agissait d'une descente, il me semble, oui, que ce passage était court. En même temps je me souviens très bien de mes jambes qui flageolent, de Phanie qui court devant tellement ses quelques ébrouements dans la mer des Caraïbes l'ont rajeunie... et Yannick qui clôt la marche prenant les photos essentielles à tout bon reportage de randonneur.

Et nous voilà parmi les vaches (ohhhhhhhh!!!),

qui nous mènent bientôt sur la route. zzzzouvvvtttt un scooter avec deux jeunes aux cheveux (tressés) dans le vent. (A ne pas confondre avec Dennis Hopper dans Easy Rider donc.) Et pour changer : ils n'ont pas de casques roulent à fond en zigzagant et en plus sur un engin rafistolé.
Une image qui ne colle pas trop avec le décor précédent. Mais après tout c'est ça aussi la Martinique, un cadre enchanteur et hop un embouteillage, un VHU, ou encore une grande surface. Suis-je un peu vache ? ... réaliste c'est tout ce n'est qu'une île après tout, une petite île où on rencontre tout le monde et tout ce qui se rapporte à la vie de tout le monde.
Notre petite rando (oui elle n'était pas si dure finalement) se termine à la case départ. Un des invités de nos voisins qui font un barbecue vient saluer Yannick. Il doit penser qu'on sera de la partie... (oui mais préfèrerait-il les hommes ?)
Pas le temps de savoir car une seule idée en tête se casser d'ici, se poser, se baigner, ronflouiller sur une plage. On repasse le gué, évitons des petits "anglais" (ou peut-être pas) qui préfèrent se baigner là et nous jeter des pierres plutôt que d'aller griller sur une plage et être la cible de pierres.
Voilà, plus qu'à cocher "le circuit de Rabuchon" sur notre petit guide de "balade et randonnées en Martinique" et de boire un petit cocktail à cette journée !